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LA NATURE DANS TOUS SES ETATS 1

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LA NATURE DANS TOUS SES ETATS 1

Juste trois brins d’herbe ont suffit, une foi en corps, à tirer mon né-dormant hors de la gestation. Un pis sans lit, pof, j’accouche. Sans les ambulances, les peaux lisses, et les spots de pub entre deux épisodes d’un affligeant feuilleton ayant, à lui tout seul, déglingué mentalement au moins 3 générations de chercheurs d’hors.

Et pour peu qu’à proximité des trois brins d’herbes, y ait des pierres, des morceaux de bois, des clairières, un chemin, une porte dérobée, un vieil escalier à vis, une mansarde, une souche de cheminée entre deux pieds de vigne, des verres, un casier à bouteilles, un tabouret sans Cour, une malle à rias, l’aber lu pour trouver le chenal, un bout de ficelle,  le vélo et sa poche à caillou, l’indispensable canif et juste là tête de l’aqueux le gland à la portière …je tremble d’émotion tant je vois les possibilités, les vastitudes, les superficies, mais c’est immense ce que l’on peu faire avec rien quand on vous met face à la mort.

Dans LA NATURE DANS TOUS SES ETATS,

Elle dort, porteuse, Femme qui a vu l’Orbe, le verger éclate de tous ses fruits, sous l’aile de l’Oiseau-Gardien, deux enfants fermant la Porte des Ténèbres, se collent lèvres à lèvres en une seule bouche

J’veux hâler, le panier de la crique et tous mes pinceaux ont envie de plonger à bras l’corps !!!

Niala-Loisobleu – 24 Février 2018

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Illustrations: La Nature dans tous ses Etats 1 – 2018 – Niala –

Acrylique s/carton-bois 50×70 encadré s/verre

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LA VIE, L’AMOUR 7 / TREMPLIN

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LA VIE, L’AMOUR 7 / TREMPLIN

 

TREMPLIN

 Depuis l’oeil

Depuis l’aube elle a cheminé

Depuis son enfance elle a traversé les frontières

Franchi les océans pour nous rencontrer

Franchi les tempêtes pour nous apporter

Les rameaux les roseaux les étamines

Nous révéler les cercles de son écriture

Les graines de son histoire et les planter

Les graines de son errance et les soigner

Dans son atelier les peindre

Dans les rues de notre capitale

Entre les pierres du jardin de son ermitage

Les graines de ses espoirs entre les pierres

Du palais de ses souvenirs puis les cueillir

Pour les rapporter à travers les perturbations

Les annoncer en dépit des conflagrations

Jusqu’aux rivages des égarements

Jusqu’aux sources du lendemain

Jusqu’aux ramages des émaux

Jusqu’à la paix.

Michel Butor

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La Vie, l’Amour 7 – 2018 – Niala – Acrylique s/carton-bois 50×70, encadré s/verre

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LA VIE, L’AMOUR 6 / MI-POÈTE ET MON CUL !

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LA VIE, L’AMOUR 6

MI-POÈTE ET MON CUL !

La danse des sirènes est réglée sur minuit.

J’ai troqué mon réveil contre un air arlequin.
Des matins en tignasses et le chat qui s’ennuie.
Quelques roses quand même et le vers* à la main.

Dans ma cave je crie des chants de Martinique.
Un voyage englouti aux effluves salins.
Je suis là mon coco ! Implorant des tropiques.
Barricadé dans l’os ; un vieux pull marin.

Je connais quelques routes et des voix* maritimes.
Des escales sans îles où le temps ne vient pas.
Quelques boys en lady où des ventres s’arriment.
Dans des claques asiatiques, à leur sexe bomba.

J’ai tangué des dérives où la mer était Corse.
Échangé mon whisky contre un blues africain.
L’aube embrumée des leurres où le triste s’amorce.
Dans des ports anonymes où prient des assassins.

J’ai gueulé comme font tous les cons d’Amérique.
Vive moi et les femmes, Viva la libertad.
Dans mon dos pleure encor un mataf hystérique.
Un indien bretonnant, une plume de moi.

On m’a dit que Ferré, musiquait d’encensoirs.
Que Brassens et que Brel, éventaient du bidon.
Que Verlaine et Rimbaud, mitonnaient de l’oignon.
Que Baud’laire urinait, sur d’illustres trottoirs.

Les deux pieds d’un fauteuil dans deux croissants de lune
J’ai des rêves à bascule en voyage immobile
Des chemins de rousseur, des forêts, des musiques
Et les pas d’un oiseau dans un livre d’étoiles

J’ai le temps des lumières au pluriel de l’âme
La voix rauque d’un chant au parnasse inclassable
La promesse d’aimer dans les yeux d’une femme
La parole facile au sourire d’avril.

J’ai le chant d’un bateau rescapé de la brume
Le registre des flots, le fracas de la pluie
Un silence à mon blues, aux nuits blanches et qui jazz
La tendresse exilée, d’une mer infinie

J’ai le sort d’un ruisseau qu’une larme a fait naître
Les relents de criées d’un vieux loup sans la mer
Un pêcheur à sa ligne en eau trouble de l’âge
Des marées des rumeurs remontées dans un vers

J’ai la gueule d’un chien et la dent littéraire
Ou d’un chat, ça dépend, d’une hauteur de mur
Du chapeau de la dame et des draps à défaire
Dans un lit d’écriture

L’illusion dans le vrai, des formules du triste
Des chagrins poétiques où se hissent des voiles
Un piano malheureux, des mémoires d’artistes
L’harmonie au clavier d’un passant sur la toile

Jusque là j’ai tout bon, j’ai la rime et le style.
On dirait du Wagner emprunté à Cubas.
Par dessus les chansons métalliques où défilent.
Des millions de badauds tricotant ma rumba.

J’ai le vers migrateur, mi-poète si tu veux.
Les yeux clos je connais ! Je l’ai bu mon histoire !
Enivré d’un dimanche et la rime en croco.
Plein d’amour à ranger tout au fond d’un tiroir.

Jacques Gourvennec – Extrait de Poète sale type

 

On est jamais moins bien décrit que par son Autre

Niala-Loisobleu – 7 Février 2018

 

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La Vie, l’Amour 6 – 2018 – Niala – Acrylique s/carton-bois 40×50, encadré s/verre

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Tes doigts en sont maculés conception

 

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Tes doigts en sont maculés conception

 

L’émotion trop forte

les yeux peuvent dirent dans une langue de bouche

touche

tu ne rêves pas, tu peins clair l’espoir des nuits à chercher

le jour dernier d’un tant manquant dépassé

tu rêves à croire c’est vrai ce que tu vois

Tes doigts en sont maculés conception

Les rizières de Bali, le lac Inlé et la plaine des Temples en Birmanie m’ont ancré cette identique impression d’atteinte, de présence, d’aboutissement, de concrétisation…cet instant de détachement absolu du misérablement laid par le néant..la quête nitzschéenne sans la retraite de montagne

en dehors du détail marchand du politiquement correct mis en appât dans l’objectif numérique

instant où l’élément en vigueur vient s’offrir, se donner à tenir, à embrasser, à vivre l’Acte

parler dans son attente, dire dans le présent j’y suis, je ne sers à rien et je m’y efforce utile, sans la technique de la couche

la peinture m’a privilégié ces moments intenses en me permettant de ne pas désespérer de l’Amour…je suis vivant je peux mourir…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2018

 

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Ainsi soit-il – Série In Temporalibus –

1983 – Niala

Huile s/toile 195×130 – Musée Ville de Cognac

(Oeuvre causée par la crue de 1982 où Niala perdit sa maison et tout son contenu)

 

 

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LA VIE, L’AMOUR 5 / JOIE

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LA VIE, L’AMOUR 5 / JOIE

Comme tendrement rit la terre quand la neige s’éveille sur elle!
Jour sur jour, gisante embrassée, elle pleure et rit.
Le feu qui la fuyait l’épouse, à peine a disparu la neige.

S’il te faut repartir, prends appui contre une maison sèche.
N’aie point souci de l’arbre grâce auquel, de très loin, tu la reconnaîtras.
Ses propres fruits le désaltéreront.

Levé avant son sens, un mot nous éveille, nous prodigue la clarté du jour, un mot qui n’a pas rivé.

Espace couleur de pomme.
Espace, brûlant compo-

tier.

Aujourd’hui est un
Jouve.
Demain verra son bond.

Mets-toi à la place des dieux et regarde-toi.
Une seule fois en naissant échangé, corps sarclé où l’usure échoue, tu es plus invisible qu’eux.
Et tu te répètes moins.

La terre a des mains, la lune n’en a pas.
La terre est meurtrière, la lune désolée.

La liberté c’est ensuite le vide, un vide à désespérément recenser.
Après, chers emmurés éminentis-simes, c’est la forte odeur de votre dénouement.
Comment vous surprendrait-elle?

Faut-il l’aimer ce nu altérant, lustre d’une vérité au coeur sec, au sang convulsif!

Avenir déjà raturé!
Monde plaintif!

Quand le masque de l’homme s’applique au visage de terre, elle a les yeux crevés.

Sommes-nous hors de nos gonds pour toujours?
Repeints d’une beauté sauve?

J’aurais pu prendre la nature comme partenaire et danser avec elle à tous les bals.
Je l’aimais.
Mais deux ne s’épousent pas aux vendanges.

Mon amour préférait le fruit à son fantôme.
J’unissais l’un à l’autre, insoumis et courbé.

Trois cent soixante-cinq nuits sans les jours, bien massives, c’est ce que je souhaite aux kaîsseurs de la nuit.

Ils vont nous faire souffrir, mais nous les ferons souffrir.
Il faudrait dire à l’or qui roule : «
Venge-toi. »
Au temps qui désunit : «
Serai-je avec qui j’aime?
O, ne pas qu’entrevoir! »

Sont venus des tranche-montagnes qui n’ont que ce que leurs yeux saisissent pour eux.
Individus prompts à terroriser.

N’émonde pas la flamme, n’écourte pas la braise en son printemps.
Les migrations, par les nuits froides, ne s’arrêteraient pas à ta vue.

Nous éprouvons les insomnies du
Niagara et cherchons des terres émues, des terres propres à émouvoir une nature à nouveau enragée.

Le peintre de
Lascaux,
Giotto,
Van
Eyck,
Uccello,
Fouquet,
Mantegna,
Cranach,
Carpaccio,
Georges de
La
Tour,
Poussin,
Rembrandt, laines de mon nid rocheux.

Nos orages nous sont essentiels.
Dans l’ordre des douleurs la société n’est pas fatalement fautive, malgré ses étroites places, ses murs, leur écroulement et leur restauration alternés.

On ne peut se mesurer avec l’image qu’autrui se fait de nous, l’analogie bientôt se perdrait.

Nous passerons de la mort imaginée aux roseaux de la mort vécue nûment.
La vie, par abrasion, se distrait à travers nous.

La mort ne se trouve ni en deçà, ni au-delà.
Elle est à côté, industrieuse, infime.

Je suis né et j’ai grandi parmi des contraires tangibles à tout moment, malgré leurs exactions spacieuses et les coups qu’ils se portaient.
Je courus les gares.

Cœur luisant n’éclaire pas que sa propre nuit.
Il redresse le peu agile épi.

Il en est qui laissent des poisons, d’autres des remèdes.
Difficiles à déchiffrer.
Il faut goûter.

Le oui, le non immédiats, c’est salubre en dépit des corrections qui vont suivre.

Au séjour supérieur, nul invité, nul partage : l’urne fondamentale.
L’éclair trace le présent, en balafre le jardin, poursuit, sans assaillir, son extension, ne cessera de paraître comme d’avoir été.

Les favorisés de l’instant n’ont pas vécu comme nous avons osé vivre, sans crainte du voilement de notre imagi’ nation, par tendresse d’imagination.

Nous ne sommes tués que par la vie.
La mort est l’hôte.
Elle délivre la maison de son enclos et la pousse à l’orée du bois.

Soleil jouvenceau, je te vois ; mais là où tu n’es plus.

Qui croit renouvelable l’énigme, la devient.
Escaladant librement l’érosion béante, tantôt lumineux, tantôt obscur, savoir sans fonder sera sa loi.
Loi qu’il observera mais qui aura raison de lui; fondation dont il ne voudra pas mais qu’il mettra en œuvre.

On doit sans cesse en revenir à l’érosion.
La douleur contre la perfection.

René Char

 

 

Ce que je n’aurais eu la capacité de dire

je l’ai pensé si humblement

que laissant la parole à 

René Char

je viens de le peindre…

Niala-Loisobleu – 4 Février 2018

 

Illustrations: La Vie, l’Amour 5 – 2018 – Niala – Acrylique s/carton-bois 40×50, encadré s/verre

 

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