Publié le

MOTS D’ENCRE 4

P1050345

MOTS D’ENCRE 4

Les réalités psychologiques, lorsqu’on les aborde avec le coeur ouvert d’un psychothérapeute humaniste, ont une richesse et une complexité qu’il est difficile de traduire en mots.

Le psychothérapeute bénéficie d’un accès privilégié aux drames humains les plus importants ainsi qu’aux recoins obscurs de la psyché et de la sensibilité.

C’est souvent le langage imagé de la poésie qui semble le plus approprié pour rendre avec justesse les nuances, les subtilités, les éclats et l’intensité des drames humains que le travail quotidien l’amène à partager.
Michelle Larivey (Ravage et… Délivrance – Poèmes humanistes)

Michelle Larivey utilise parfois son talent de poète pour mieux exprimer sa compréhension de certaines situations qui, malgré leur caractère tragique, correspondent souvent à des moments de plénitude.

________________________________________________________________

Le renvoi de son regard en atterrissant sur mes yeux mit la craie bleue entre les poils de mon pinceau. La dépeindre voilà le tableau. Non ne rougis pas. Comme elle chante. Non ne rougis pas, voilà si longtemps que tu attendais ça. Mais on ne parle pas psychologie à côté de la plaque. Cela requiert d’avoir la vrille humaniste et pas le charlatanisme en vogue pour percer au bon endroit.

Du bleu chauffé à vif

Dételé son cri rouge bondit

Les bas-cotés de l’ornière furent submergés

Pas croire le lambda traînant la langue du jugement définitif

L’idiote repoussa le gobe-mouche d »une pichenette

Elle est lumière

Les deux luminaires sont pendus à sa poitrine

Seins esprits

Faut voir comme ça balance au plafond

Reposant mes dix doigts dans le corps texte, je sentis qu’il y avait là de la matière qui grise. Si simple, qu’à l’habitude prise dans la façon d’entendre et de lire actuelles, bien du monde passe à côté sans avoir vu le fond du sujet. Ailleurs d’une plage cachant le sable avec les serviettes des petits-baigneurs, sont quelques cailloux nus. C’est l’archipel où on se nourrit que d’amour. On y va qu’à la nage.

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2017

P1050342

Mots d’Encre 4 – 2017 – Niala – Acrylique et encre  s/contrecollé encadré s/verre 30×40

 

 

 

Publié le

MOTS D’ENCRE 3

 

P1050339

 

MOTS D’ENCRE 3

Tant de Bleu. Il faut bien que le noir de la vie sorte en crevant de ses nuages-abcès. Ce que je vois n’est pas ce que je pense mériter d’être montré. Dans tout un chacun existe un désir de vivre. L’être se laisse prendre par la perversité de l’expression. Matamore que les ch’tits appellent Biloute. Le bien-nommé mâle qui voit la Femme qu’en-dessous de la ceinture, un appendice pour oeil. Affreux miroir. J’ai mal à l’enfant en pensant à l’idée qu’il garde de son père ou de sa mère. Pourquoi, pour qui, pour quand ?

Etranglé par mes cordes sensibles ma gorge s’ouvre de son canif d’écorché vif.

Ce n’est pas moche de vouloir regarder le propre de chacun quand on sait vraiment  sa possibilité de se faire laid, de se montrer pervers et obsédé par son impuissance. Mes Mots d’Encre sont rien que le sel du sang d’aimer. J’ai peint hier pour le montrer sans autre intention que de faire place à l’espoir. Il y a trop d’enfants qu’on a fait et qu’on va faire en dehors de son chemin.

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2017

 

P1050336

Mots d’Encre 3 – 2017 – Niala – Acrylique et encre sur contrecollé, encadré s/VERRE 30X40

Publié le

LES VILLAGES BLEUS 5

LES VILLAGES BLEUS 5

Lèche tes portes

pomper en corps

Chaque branche à sa goutte

au bout d’elle

puisqu’aile n’est que l’au-dessus

d’une apparence variable

Entrechoc

la peau pierre se frotte

à l’âme acérée

faite de l’invisible dévoilé

par la lumière

du regard de ma pensée

Où est-elle

sur quelle herbe

dans quelle mer

sinon aux arômes qui la désignent

d’une marque fossile

à mes mains ?

Elle a déshabillé tous les interdits

mis ses larmes aux rivières

pour que je navigue au fil d’eau douce

plus loin que son âge pour garder ses secrets vierges

sans rien me dissimuler des passages privés

sous l’écorce de ses bois, disait-elle, mais ?

Chante-t-elle que le marbre veine un végétal frisson ?

Sourit-elle que la glace quitte la banquise pour ouvrir la psyché ?

Pense-t-elle à tout et à rien que le cheval rectifie son galop pour l’amble ?

Nage-t-elle que l’écaille de l’océan s’accouple au rose des nacres ouvertes ?

Fait-elle silence pour que l’air devienne cimaise où le Beau s’accroche ?

Me regarde-t-elle que je vois où se trouvent mes palettes ?

Si je garde le jardin hors des routes terrestres

c’est à cause de la couleur des plumes des plantes

de la forme étrange des fleurs

du pouvoir du gros arbre qui les dissimule aux rotations des prédateurs

dans le drain de cette source où elle apparaissait fontaine

sur un ciel posé à la surface de l’eau troublée

par l’interposition d’une porte en trompe-l’oeil

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2017

P1050276

Les Villages Bleus 5 – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 20×40

Enregistrer

Publié le

LES VILLAGES BLEUS / N°3

LES VILLAGES BLEUS

(N°3)

 

…Je préviens que j’emploierai ce mot [poète] au sens large des anciens ; non pas du faiseur de vers — qui n’en a plus aucun pour nous — mais désignant tout artiste dont l’ambition et le but sont de créer, par une œuvre esthétique faite de ses propres moyens une émotion particulière que les choses de la nature, à leur place, ne sont pas en mesure de provoquer en l’homme. En effet, si les spectacles de la nature étaient capables de vous procurer cette émotion-là, vous n’iriez pas dans les musées, ni au concert, ni au théâtre, et vous ne liriez pas de livres. Vous resteriez où et comme vous êtes, dans la vie, dans la nature. Ce que vous allez chercher au théâtre, au musée, au concert et dans les livres, c’est une émotion que vous ne pouvez trouver que là — non pas une de ces émotions sans nombre, agréables ou pénibles, que vous dispense la vie, mais une émotion que l’art seul peut vous donner.

Il n’y a plus personne aujourd’hui pour croire que les artistes apprennent leur art et leur métier dans la nature. En admettant qu’elle soit, comme on l’a dit, un dictionnaire, ce n’est pas dans un dictionnaire que l’on apprend à s’exprimer. […] C’est par les toiles des maîtres que sont d’abord émus les jeunes peintres, par les poèmes des aînés que sont remués, blessés à vie, les futurs grands poètes.

[…] les vrais poètes ne peuvent prouver la poésie qu’en poétisant, si je puis dire. Pour moi, à qui certains prestigieux moyens n’ont pas été très libéralement départis, je suis bien obligé de m’y prendre autrement. On a souvent dit et répété que la poésie, comme la beauté, était en tout et qu’il suffisait de savoir l’y trouver. Eh bien non, ce n’est pas du tout mon avis. Tout au plus accorderai-je que la poésie n’étant au contraire nulle part, il s’agit précisément de la mettre là où elle aura le plus de chance de pouvoir subsister. — Mais aussi, qu’une fois admise la nécessité où l’homme s’est trouvé de la mettre au monde afin de mieux pouvoir supporter la réalité qui, telle qu’elle est, n’est pas toujours très complaisamment à notre portée, la poésie n’a pas besoin pour aller à son but de tel ou tel véhicule particulier. Il n’y a pas de mots plus poétiques que d’autres. Car la poésie n’est pas plus dans les mots que dans le coucher du soleil ou l’épanouissement splendide de l’aurore — pas plus dans la tristesse que dans la joie. Elle est dans ce que deviennent les mots atteignant l’âme humaine, quand ils ont transformé le coucher du soleil ou l’aurore, la tristesse ou la joie. Elle est dans cette transmutation opérée sur les choses par la vertu des mots et les réactions qu’ils ont les uns sur les autres dans leurs arrangements — se répercutant dans l’esprit et la sensibilité. Ce n’est pas la matière dont la flèche est faite qui la fait voler — qu’importe le bois ou l’acier — mais sa forme, la façon dont elle est taillée et équilibrée qui font qu’elle va au but et pénètre et, bien entendu aussi, la force et l’adresse de l’archer.

Pierre Reverdy (Sable mouvant, Au soleil du plafond, La Liberté des mers, suivi de Cette émotion appelée poésie, édition d’Étienne-Alain Hubert, Poésie / Gallimard, 2003, p. 94-95, 96, 107-108. [/i]

Salut Montparno,

toi qui me mandoline

Comme si, à la recherche du sens, tu m’rappelais Amédéo

Sous couvert de ton cimetière

Histoire de me sortir la tête de l’eau

Matière de doute c’est sûr que Modi, lui, y fait référence

Plus maudit que lui tu meurs, d’ailleurs ils se sont pas privé d’lui dire, les braves gens

Pas étonnant que l’Art N’aigre t’ait inspiré la forme de ton émotion

Le rouge dans ton verre, à La Ruche tu t’en ais piqué le pif jusqu’au Dôme

A la tienne, que j’rêve tout ô

Tout seul

Dans le trou de chiottes de l’avis unanime

Ya des Cours où la lâcheté trône

Y’en a une monumentale que tu as habité plus que quiconque

C’est celle qui partant de ta fenêtre, atterrit sur le pavé de la cour

Jeanne Hébuterne

Avec ton enfant dans l’ventre

Salut Montparno, toi qui me mandoline

en corps des années après

Cimetière des arbres éternels, source vive où le frisson est toujours

Village Bleu

où dans l’égarement des valeurs je r’trouve toute la gamme des bonnes notes

Aujourd’hui j’ai laissé la parole à

Pierre Reverdy

il a tous les mots de ma pensée.

A présent passée

De Paname à Charente

Cabane maritime

Alain Niala

19 Mars 2017

P1050266

Les Villages Bleus – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 65×50