TEST POSITIF

TEST POSITIF

Au rythme et dans la règle d’or

l’automne se dispose à passer l’hiver

il a battu des pieds

par une présence jumelle

ah mes petits, vivez

Le ruban est long, en mettre un bout de plus, ne peut que donner aux mots-peints cette existence qui n’attend rien de personne mais sait pouvoir compter sur elle

Alors faire l’amour en étant pas stérile ça tient compte des paramètres de base

Suis trop avisé de ce qu’il n’y a rien à attendre des rejetons qui vous ignorent pour avoir confiance dans la génération de ma main gauche

Donc puisque la prochaine aura lieu en FEVRIER 2022

je m’y colle plus qu’amoureux

L’époque s’étant tournée vers une triste restriction

lui offrir du petit-format devrait trouver une riposte au chinois

Voilà les deux jumeaux conçus

le problème d’édition rencontré en Bretagne étant résolu, on va se contenter d’un aperçu photographique groupé en attendant de faire comme à vent

J’ai le pied chant-pignon, croyez-moi

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2021

« LES MATINALES 1 » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 13X18


« PETITES ANEMONES » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 15X20

« MUSIQUE DE CHAMBRE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 50X50

« MUSIQUE DE CHAMBRE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 50X50

L’oreiller d’odeur du travers sein ne se froisse pas avec sa lumière

au crépon en suspension de la fleur simple

l’anémone m’accompagne

aux confins de la porte

où le bout du couloir débouche sans se condamner

Ces raides heurs du dos ont tout du messager de l’autre rive où attend le nautonier

que je sens si près des Portes St-Jacques

l’abri sûr

à l’heure du raisin le jus s’assemble en chauffant l’acidité de la lime au creux de la paume

mais avant en corps

aller embrasser le nez de l’hexagone

la rue de Siam de mon père Jacques

Barbara

dans la gouaille venue de mon Paname pour la mise en Seine

en surface

ces histoires de sous-marins laissées à leurs naufrages

me faisant du bien en me foutant du mal inguérissable de ce petit-monde laid

assis à la table du beau

du soleil dans la pluie du bleu.

Niala-Loisobleu

19 Septembre 2021

« NYMPHE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON – ENCADRE SOUS6VERRE 30X40

« NYMPHE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 30×40

Du silence des feuilles tombant des arbres

l’oiseau porte l’eau à la clairière de son dessin

intime coussin d’un nuage assis au bistrot du coin

du papier en terrasse à l’encrier des mots-peints

Rémouleur à la barre

le feu s’aiguise au seoir d’un été difficile à trouver

Pendant qu’il pleuvait sur la Chaume le merle a goûté au raisin

le coup de chauffe ranimera le serpentin

l’alambic d’où je peins tire le bois à la forge

vers l’intime assemblage à tirer de son tannin

la main de la nymphe en caressant les fleurs désembue les vitres à dessein.

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2021

« LES NUITS BLANCHES »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON – ENCADRE SOUS-VERRE VERRE 40X50

« LES NUITS BLANCHES »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 40X50

Comme la figure de proue d’un vaisseau à trois ponts fourvoyé dans ce port de galères, au-dessus de la Méditerranée plate dont le blanc des vagues semble toujours
fatigué d’un excès de sel se levait pour moi derrière une correcte, une impeccable rangée de verres à alcools, le visage de cette femme violente.

Derrière, c’était les grands pins mélancoliques, de ceux dont l’orientation des branches ne laisse guère filtrer que les rayons horizontaux du soleil à cette heure du
couchant où les routes sont belles, pures, livrées à la chanson des fontaines. On entendait dans le fond du port des marteaux sur les coques, infinis, inlassables comme une
chanson de toile au-dessus d’un bâti naïf de tapisserie balayé de deux tresses blondes, circonvenu d’un lacis incessant de soucis domestiques, avec au milieu ces deux yeux doux,
fatigués sous les boucles, la sœur même des fontaines intarissables. On ne se fatiguait pas de boire, un liquide clair comme une vitre, un alcool chantant et matinal. Mais
c’était à la fin un alanguissement de bon aloi, et tout à coup comme si l’on avait dépassé l’heure permise, — surpris le port sous cette lumière
défendue où descendent à l’improviste pour un coup de main les beaux pirates des nuits septentrionales, les lavandières bretonnes à la faveur d’un rideau de brumes
— c’était tout à coup le murmure des peupliers et la morsure du froid humide — puis le claquement d’une portière et c’était la sortie des théâtres dans
le Pétrograd des nuits blanches, un arroi de fourrures inimaginable, l’opacité laiteuse et dure de la Baltique — dans une aube salie de crachements rudes, prolongée des
lustres irréels, la rue qui déverse une troïka sur les falaises du large, un morne infini de houles grises comme une fin du monde — c’était déjà l’heure
d’aller aux Iles.

Julien Gracq

Sans être régie par les marées la Méditerranée laisse le bleu et le blanc dans tout leur symbole

annulant les prédictions guerrières au prétexte de Carthage

C’était du moins ma conviction qui n’a pas été partagée…

Niala-Loisobleu

11 Septembre 2021