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TABLEAU DE BORD 1

TABLEAU DE BORD 1

Sous ce titre je vais à la pêche dans mes billets suivant l’évènement marquant du jour qui vient coller avec mes prémonitions passées.

A BORD DE L’AUTRE REGARD 1 & 2

– Une en vie de changer le NIL des choses ?

– P’t’être ben, à force de vent se voir derrière, peut porter à réfléchir. Quand c’est la guerre, au fond du trou d’l’ô bu, le merle ictère se déjaunit la pensée, en s’efforçant de se voir en paix

J’m’as souviens , c’était y a pas si longtemps, le tant des « Arbres Bleus et des Jardins Soleil»…j’m’en pique un rappel…

A peine levé j’entendis un bruit insolite traverser ma pensée. Non cette fois ce n’était pas la Générale des Eaux qui se rejouait Austerlitz en défonçant la chaussée, le tuyau de plomb sabre au clair. Alors les voisins sont absents, c’est donc pas eux qui se crêpent pour Mardi-Gras. Un petit détail attira soudain mon attention. Dans l’entrée le duffel-coat n’était plus là, à sa place un chapeau de paille sans moufle ni passe-montagne, regardait une paire de sandales posée en dessous d’une chemise à fleurs qui étalait ses manches bien au-delà du parterre. Des violets pris à bras de jaunes coulaient à plein verts, comme une bacchanale qui se serait sentie soif de changement. Même la tapisserie semblait délavée, la fenêtre se prenait dans le rebord du balcon, tellement elle se sentait perdue. Elle ne reconnaissait plus rien, qu’elle lève la tête , qu’elle la tourne, ou qu’elle l’abaisse, le ciel n’éclairait plus du même lustre, les maisons étaient-elles là hier, et la musique ? Non je ne rêve pas dit-elle, ça se saurait si j’avais fait entrer une armoire dans le tas de cartons où mes affaires transitent. On me l’aurait dit si des peintres avaient labouré la cour et repeint la cave en grenier, quand même j’ai conscience d’être chez moi en même temps que je suis sûre d’en être sorti. J’ai vu passer des gens célèbres en compagnie de petits enfants la mémoire grande ouverte. J’ai entendu une très forte émotion ébranler l’escalier en montant dans le train qui me ramenait de la mer, où je laissais la cabane au ponton des voiles qui se lèveraient sur un nouveau cap. J’ai senti que les mauvaises odeurs de friture du poste se mettaient à bronzer sous un vent chargé d’iode. Puis par transparence, sans qu’elle s’ouvre, la grande porte m’a montré des étendues de campagne douces, si protectrices avec leurs arbres forts, que ma main s’est posée sur la béquille, un pied a suivi l’autre, je suis passé de l’autre côté de mes peurs.

Toute la nature est prise dune frénésie si calme, que je me sens porté par un printemps magique. Me voici devant mes « Arbres Bleus et mes Jardins Soleil ».

Mon Pt’tit-Gars, comme à peindre je peux vivre sans m’inventer de faux-prétextes, c’est si beau cet Univers vu d’en haut!

Ce monde, grouillant d’un vide absolu, est d’une richesse ignorée des m’as-tu-vu, Il fait rassurant d’y revenir,

Loisobleu – 4 Septembre 2012

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Les Arbres Bleus 1 – 2012 – Niala – Acrylique s/toile 65×50

Voilà je des barques épris ponton. Détaché de l’ancre.

Bien mal à quai ne profite jamais.

Plutôt que les oh de hurle-vent qui sinistrosent les futaies, en cassant les bras des arbres qui ne demandaient qu’à bien faire, j’ai choisi l’ache pour me dire céleri qui met le pot-au-feu. Et d’un mouvement de largage la grand-voile, a poussé plus loin que le nez du vague , le sommet de la hune en ordonnant à l’édito de se réduire la grosseur de l’horreur en titre.

Quoi qu’il arrive, après que j’aurai mourru, je m’endormirai plus tranquille d’avoir d’un autre bleu nouveau, repeint le ciel.

Loisobleu – 7 Février 2014

Ce mois de Février  2017 se termine aujourd’hui. Je suis dans une attente toute aussi intense qu’il y a trois ans. Ce soir un enfant rentre d’un long voyage, demain sera signe d’un départ. Une impatience compréhensible nous habite. Il faut que la lumière qui est tenue en veilleuse jaillisse.

Alain Niala – 28 Février 2017

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Quoi qu’il se passe notre Amour survivra

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Quoi qu’il se passe notre Amour survivra

La salle à manger fait une sieste entre deux repas.La tête à l’envers, nuque calée aux creux des paumes, les yeux vont et viennent, derrière le rideau tiré des paupières. Dans un angle la salamandre ronfle. Tous micas allumés. On allait chez le droguiste chercher des lunettes de rechange pour l’appareil de chauffage. Avec les ciseaux on taillait les carreaux du minéral dont les couches superposées me faisaient toujours penser aux écailles qui brillent dans l’oeil des poissons, juste avant qu’ils décident de sauter hors eau pour une gorgée d’air. J’aime bien quand le poisson est au volant. Note que je suis aussi en extase quand il faufile son fuselage entre les courants.Oui, ce moment où l’usage qui a été donné aux choses s’efface pour qu’un autre univers ouvert commence. Sans imposition particulière. Le moment naturel, voilà c’est ça. Pas de désir orientant la pensée, un no man s’land à distance des octrois où il faudra, d’une manière ou une autre, montrer ses papiers.Quelque chose est arrivé. Un événement est à la base de la présence hors de la nappe, des chaises, du bruit des fourchettes et des bouches, des exclamations que l’alcool toaste. Me voilà en fait en salle à me digérer.moi.

Quelque chose qu’on a dans le fond d’un creux, en fait vide, est habité. La vie en se glissant à l’intérieur a fait un remue-ménage qui le fait tanguer. En marchant dans le désert, la nuit le soleil au repos au lit des étoiles, tu peux voir loin. Les images se sont arrêtées de danser dans le falot trouble de la chaleur. Tu digères un vide que les mirages fantasment.Les dunes ondulant des hanches te conduisent aux portes de la gynécée. Un endroit à naître.

Impossible de voir, il faut toucher la vibration unique du silence. La Beauté dans toute sa forme, s’ouvre à tes yeux. Et tu vois de mieux en mieux en les fermant. La matière s’est liquéfiée sans qu’on sache comment. Pas un néon à l’horizon, là pour racoler. Non t’es tout seul devant un Tout qui fait pas l’article. Pas de mise en scène qui t’emballe en trois coups les gros, bolduc échevelé, dans un mythe pair nono. Pas la moindre bouteille échouée d’une expédition lointaine, évangéliseuse, le truc genre génie au fond du ventre. Tapi, prêt à te jaillir la promesse sous condition. Non, merde j’t’l’ais déjà dit, rien qui s’cache derrière une élection.

Au contraire tu vois c’que t’osais plus croire, atteint de découragement.

Mes tableaux sont partis avec la dernière marée, un bruit de nouvelle couleur frappe du pinceau. Comment s’appelle-t-elle ? Mais est-ce justement besoin de lui donner un nom. Quand un bruit se manifeste, il faut d’abord démêler les directions qu’il a suivi. Peut-être qu’alors, l’origine des bruissements qui t’assiègent seront identifiables

Je sens l’chameau fraîchement tondu, on voit les cicatrices qui font la bonne peau des yourtes. Puis un voile blanc sur les dents noires des cavaliers, emballe le galop fou des chevaux. Un passage coupe l’obstacle en deux. Les flancs de la montagne couverte de l’écume du jour, s’ouvriront-ils à deux mains?

Il y a l’idée de vouloir, et la volonté de le faire sans être entré dans le faux-chemin. Une même sonorité atteint différentes oreilles.

Je nous sortirais du mal ambiant qui nous plaque au silence de sa boule puante. Quoi qu’il se passe mon Amour survivra.

Loisobleu

28 Février 2017

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Premier article de blog

MON VELO-CHEVAL

Impossible de savoir quel était, de lui où de moi, celui qui pouvait prétendre au titre d’hôte principal de ma cabane-maritime.Nourris au même sel, oxygénés au même air, battus aux mêmes vagues, nous vivions unis depuis des années aux abords du Marais de Moëze-Oléron, entre Atlantique et littoral.

Hélas en ce mois de Février 2017 la cabane a été violée et pillée par des vandales qui entre autres choses ont emporté mon cheval-vélo avec eux…

Témoin de ma plus belle histoire d’amour, que de coins d’ombre et de lumière il nous a donné à découvrir. Je l’entends, lui parle, ne pouvant en faire  mon deuil. Trop mal de Lui.

Confident visuel comme de mes pensées je ne peux le délier de ce bonheur simple pris au coeur de la nature sauvage. Âme de nos ailleurs, de notre Absolu, tu restes le destrier de notre quête du graal.

Niala – 27 Février 2017