Publié le

MOTS D’ENCRE 3

 

P1050339

 

MOTS D’ENCRE 3

Tant de Bleu. Il faut bien que le noir de la vie sorte en crevant de ses nuages-abcès. Ce que je vois n’est pas ce que je pense mériter d’être montré. Dans tout un chacun existe un désir de vivre. L’être se laisse prendre par la perversité de l’expression. Matamore que les ch’tits appellent Biloute. Le bien-nommé mâle qui voit la Femme qu’en-dessous de la ceinture, un appendice pour oeil. Affreux miroir. J’ai mal à l’enfant en pensant à l’idée qu’il garde de son père ou de sa mère. Pourquoi, pour qui, pour quand ?

Etranglé par mes cordes sensibles ma gorge s’ouvre de son canif d’écorché vif.

Ce n’est pas moche de vouloir regarder le propre de chacun quand on sait vraiment  sa possibilité de se faire laid, de se montrer pervers et obsédé par son impuissance. Mes Mots d’Encre sont rien que le sel du sang d’aimer. J’ai peint hier pour le montrer sans autre intention que de faire place à l’espoir. Il y a trop d’enfants qu’on a fait et qu’on va faire en dehors de son chemin.

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2017

 

P1050336

Mots d’Encre 3 – 2017 – Niala – Acrylique et encre sur contrecollé, encadré s/VERRE 30X40

Publié le

LES VILLAGES BLEUS 5

LES VILLAGES BLEUS 5

Lèche tes portes

pomper en corps

Chaque branche à sa goutte

au bout d’elle

puisqu’aile n’est que l’au-dessus

d’une apparence variable

Entrechoc

la peau pierre se frotte

à l’âme acérée

faite de l’invisible dévoilé

par la lumière

du regard de ma pensée

Où est-elle

sur quelle herbe

dans quelle mer

sinon aux arômes qui la désignent

d’une marque fossile

à mes mains ?

Elle a déshabillé tous les interdits

mis ses larmes aux rivières

pour que je navigue au fil d’eau douce

plus loin que son âge pour garder ses secrets vierges

sans rien me dissimuler des passages privés

sous l’écorce de ses bois, disait-elle, mais ?

Chante-t-elle que le marbre veine un végétal frisson ?

Sourit-elle que la glace quitte la banquise pour ouvrir la psyché ?

Pense-t-elle à tout et à rien que le cheval rectifie son galop pour l’amble ?

Nage-t-elle que l’écaille de l’océan s’accouple au rose des nacres ouvertes ?

Fait-elle silence pour que l’air devienne cimaise où le Beau s’accroche ?

Me regarde-t-elle que je vois où se trouvent mes palettes ?

Si je garde le jardin hors des routes terrestres

c’est à cause de la couleur des plumes des plantes

de la forme étrange des fleurs

du pouvoir du gros arbre qui les dissimule aux rotations des prédateurs

dans le drain de cette source où elle apparaissait fontaine

sur un ciel posé à la surface de l’eau troublée

par l’interposition d’une porte en trompe-l’oeil

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2017

P1050276

Les Villages Bleus 5 – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 20×40

Enregistrer

Publié le

VISITEURS AUX PORTES DU JARDIN

VISITEURS AUX PORTES DU JARDIN

Pareils à ces arbres qui voyagent dans les textes
ils se mettent en marche à la lueur des amandiers
pressés d’atteindre l’eau qui flambe
depuis un millénaire
dans un village en mal d’oiseaux
et qui à contre-orage repart à vide.
Visiteurs aux portes du Jardin
leur cercle s’élargit
comme des chats miroitants
que dessine la peur sur les murs
des cathédrales abandonnées.

Toujours la même ligne infranchissable
toujours la même errance le même mort
la même griffe la même blessure
une botte sur le cœur
et cette lune qu’ils tiennent serrée entre les dents
et ce soleil qu’ils renversent dans une tasse de sang
pour lire l’avenir
tandis que leurs yeux de liège continuent
d’étayer le dernier rempart.

De quel eucalyptus sont-ils originaires ?
de qui sont-ils la quête
la traversée le songe ?
Flûtes traversières
ils se saoulent d’eux-mêmes
et s’étalent semblables à des algues.

Visiteurs
ils s’envolent et redeviennent la Ville
crépusculaire ou étoilée
puis ils écrivent leur nom
sur un quignon de pain
ou l’écorce d’une mandarine
en attendant un renfort de lauriers-roses.

Nohad Salameh

 

A2-Niala 23

Printemps – 1997 – Niala – Acrylique s/contrecollé 65×50

De quel incendie pourrai-je espérer renaître à vouloir porter l’essence de la sève sous l’écorce d’un pouls battant sous les déserts. Elever un sentiment à ne jamais enterrer sa foi, cela ne dépasse-t-il pas le poids autorisé ? Cet amour pourrait bien finir par immoler ta couleur en écrasant ton innocence une dernière fois, me menace la raison. Mots roides de glace, acérés comme des poignards qui ne sortiraient pas davantage la fémorale du risque de l’exsangue où la maladie d’amour plonge.

Alain Niala – 6 Mars 2017