Barbara Auzou, Niala, L’Époque 2018

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Barbara Auzou, Niala, L’Époque 2018

 

133p, 20€.
3 mars 2020AuteurPar lievennPublié dans Chroniques, Chroniques de Lieven Callant, La croisée des chemins
Chronique de Lieven Callant
Barbara Auzou, Niala, L’Époque 2018, Les Mots Peints, Éditions Traversées, 2020, 133 pages, 20€
Une collaboration poétique entre un peintre et une poétesse

La revue Traversées dont le N°94 vient de paraître existe depuis près d’un quart de siècle. Ce petit miracle de persévérance a été rendu possible grâce à la générosité mais aussi la curiosité d’une petite équipe de bénévoles fidèles qu’anime et guide avec patience et savoir-faire Patrice Breno. En 2015, les Éditions Traversées voyaient le jour avec un premier ouvrage: Auteurs autour, de Paul Mathieu. Le catalogue comporte aujourd’hui près de onze titres. Les oeuvres et les auteurs sélectionnés témoignent de l’ouverture d’esprit chère à la revue mais aussi et surtout de la volonté de garantir une qualité littéraire, poétique et artistique à chaque parution. Ce qui guide le comité de lecture ne se résume pas en quelques directives rigoureuses, à quelques critères austères, à quelques règles qu’il ne faudrait franchir. L’équipe choisit avec son âme, autrement dit avec ce qui motive ses aspirations, sa passion pour l’écriture et les lectures. Un comité de lecture composé de simples êtres humains sujets aux coups de coeur comme aux erreurs mais qui défend des valeurs de sincérité et d’humilité.

Je fais partie de cette équipe de bénévoles qui gravitent autour de la revue Traversées mais mon rôle se limite surtout à gérer le site internet et la présence de la revue sur les réseaux sociaux. J’ai le plaisir de découvrir comme n’importe quel autre lecteur, les numéros de la revue toujours mieux fournis et les quelques ouvrages publiés par les Éditions Traversées.

Le présent ouvrage rassemble les qualités poétiques et humaines que je tentais ci-dessus d’exprimer puisqu’il s’agit d’une collaboration poétique entre un peintre Alain Denefle connu sous le nom d’artiste Niala et d’une poétesse et professeur de Lettres Modernes, Barbara Auzou.

Chaque tableau est un poème et chaque poème est un tableau. Ils échangent de semblables palettes de couleurs, de saveurs. Partagent un vocabulaire commun, né dans un jardin, une sorte d’espace où souvenirs et émotions se rejoignent, s’élucident ou se métamorphosent en visions, en sensations, en souvenirs. Une rencontre entre deux personnes, entre deux mondes de références distincts mais qui pourtant nous laisse présager de ce qui rassemble et non de ce qui sépare. Car il est vrai, les poèmes ne se limitent pas à être des récits ou des descriptions picturales. Barbara Auzou regarde au delà du cadre, du support. Elle ouvre des portes secrètes, des fenêtres. C’est elle qu’elle redécouvre en cherchant à lire les toiles, en suivant du regard le geste dont témoigne le trait appuyé, le contour d’une forme. Ce qui envahit le poème ce sont les espaces colorés, les ombres, les lumières, la femme et l’homme qui habitent les tableaux et voyagent d’un univers à une autre, d’une époque à une autre, d’un plan à un autre plan.

Le Soi trouvé au jardin-Acrylique sur toile-100X100cm- Niala L’époque 2018-Les Mots Peints
Les peintures de Niala semblent provenir de cet endroit commun qu’on nomme rêve, ce lieu où je pense que naissent les poèmes. La fantaisie du peintre me rappelle celle de Marc Chagall parce qu’on y découvre un monde féerique où les lois de la gravité n’existent guère mais où la nature répond aux couleurs, où l’amour élabore des jardins privilégiés.

L’univers de Niala semble fait d’oasis, l’homme, le poète, le peintre y invitent le lecteur en toute pudeur, ils y invitent la femme, l’équilibriste, l’étreinte d’un geste souple les retient, les rassure. L’animal, le végétal qu’ils soient arbre ou pétale occupent une place primordiale qu’il est possible d’habiter même et surtout en pensées. Chaque peinture est une invitation à entrer dans une cathédrale de couleurs, dans un cirque de lumière, dans un théâtre où se joue la vraie vie de l’artiste. On y pénètre avec un silence presque religieux.

Comme dans un kaléidoscope, les miroirs et les surfaces réfléchissantes ne font pas que reprendre à l’infini les mêmes motifs et nous renvoyer notre propre image, ils créent de nouvelles figures, de nouvelles formes, d’autres espaces, des lieux où la rigueur, la pesanteur n’existent plus. Mais les poèmes et les toiles ne sont pas que des songes individuels, ils restaurent ce qui trop souvent fait défaut: un lieu de rencontre, un espace respectueux, un jardin, un poème qui englobe d’autres poèmes comme le miel au sein d’une ruche.

Cette rencontre entre Barbara Auzou et Niala fait appel à notre faculté de rêver les mots, de fabriquer la vie.

===>Le blog du peintre se trouve ici: http://www.niala-galeries.com

====>Le blog de la poétesse se trouve ici: https://lireditelle.wordpress.com/les-mots-peints-barbara-niala/

À chaque tableau (acrylique sur contrecollé +/-80X60 cm) correspond un poème. Le livre propose sur une page le tableau avec son titre, son support et sa matière, ses dimensions en regard sur une autre page. Pour lire le tableau, il faut prendre le temps de le regarder. Pour avoir accès au poème, il faut tourner la page, se donner à lui.

 

P1050591

Double Je 

Niala Double je
Tu m’écris d’un temps sans âge
à faire fuir l’effroi des journées,
à forger des couleurs inventées
à l’orange de nos visages.

Tu m’écris pour arracher à la fatigue de parler
le mot nu qui manque au langage
et qui reste à la palette inconsolé.

Tu m’écris contre les poussières éprises de peu
qui s’agrègent comme des sentences
au poumon en feu.

Et moi je peins
et crie à la porte fermée des hommes
et à la fleur de coton pendue à la fenêtre
qui avorte de son jour.

Je peins et crie à tromper la nuit économe
pour lui faire croire au matin,
pour mordre les douleurs sur les lits du passé
et faire renaître l’enfant lointain.

Je peins
et crie contre l’injure du banal
à en découdre sans fin
au miroir du double je.

S’il y a un vide
c’est qu’il est ardent
écris-tu.
Et c’est au pinceau d’un ciel qui s’était perdu
que nous accrochons des printemps
comme autant de ventres lavés de larmes.

©Barbara Auzou

Vous pouvez lire la chronique écrite par Patrice Maltaverne sur ce très beau livre de Barbara Auzou et Niala : ici

bon-de-commande-lc3a9poque-2018Télécharger
Pour commander le livre voici un bon de commande que vous pouvez envoyer par la poste mais vous pouvez aussi afin de l’obtenir plus rapidement envoyer un mail

Patrice Breno – Revue Traversées: traversees@hotmail.com

Patrice BRENO
Revue Traversées
Prix Godefroid Culture 2015 – Province de Luxembourg – Libramont (Belgique)
Prix Cassiopée 2015 – Cénacle européen – Paris

Prix de la Presse Poétique 2012 – Union des Poètes Francophones – Paris

Directeur de publication
43, Faubourg d’Arival
6760 VIRTON (Belgique)
https://traversees.wordpress.com/a-propos/
0032 497 44 25 60
Dans un ciel renversé qui baigne de pluie
notre soleil rétablit l’ordre naturel de son originel reflet
Le monde cahote
et sort de ses bords
Nous est Un
par la matière humaine qu’il montre et utilise pour lui redonner vigueur

Barbara est la réunion des pigments qui sont à l’origine de la couleur. Ceux que durant des heures on doit broyer au mortier. Elle ne parle pas à la sortie d’un tube, elle écrit du pilon pour faire suer l’espoir.

J’ai peint cette transpiration sanguine AVEC SA PLUME qui redonne des jambes l’homme-apode.
Et trouve dans vos mots, Caroline, le chemin par lequel nous sommes venus donner vie à notre même rêve.
J’en suis profondément touché et vous remercie sincèrement.

Niala

 

L’EPOQUE 2018, de Barbara Auzou et Niala

« L’Époque 2018 »,

de Barbara Auzou et Niala

Publié par les Éditions Traversées, « L’Époque 2018 » (sous titré Les Mots Peints), de Barbara Auzou et Niala (alias Alain Denefle) comprend une suite de trois cycles, intitulés « L’Époque 2018 », « Autan Occitan » et « Notre Jardin bleu ».
Il m’arrive très rarement de lire des recueils de poésie dans lesquels illustrations et poèmes soient aussi inséparables. Je veux dire par là que pour se pénétrer de l’ambiance des textes publiés ici, il faut déjà observer attentivement les illustrations avant d’aller lire les poèmes correspondants.
Le poème n’est d’ailleurs pas le décalque fidèle de l’illustration (acryliques sur toiles ou contrecollés). Cependant, il est la traduction fidèle de son univers.
Le monde de « L’Époque 2018 » peut être qualifié d’onirique, de consubstantiel à la nature (couleur verte dominante), de sensuel (représentation de nombreux nus féminins), voire de mystique (élévation des personnages et des choses).
Dans « Autant occitan » et « Notre jardin bleu », les représentations sont moins humaines, tandis que le soleil et l’eau se mélangent davantage à la nature.
Il résulte de ces univers peints des poèmes visuels résolument lyriques, aux images volontiers baroques, mais qui ne sont pas dépourvus de mouvements, ce qui donne à ces textes leur puissance, et une respiration ample.
Le résultat est un recueil ambitieux qui a su retenir mon attention de lecteur, car, mine de rien, il s’y passe plein de choses.

Extrait de « L’Époque 2018 », de Barbara Auzou, « Notre jardin bleu 1 » :

« Au bout de la route franche
qu’on ne foule que de l’âme
sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste
se trouve un jardin bleu dont la hanche
tremble comme une mariée aux pieds nus
et qui s’émeut de la caresse
d’écume à ses cheveux et de la rondeur
de ses larmes quand le gant de lierre
qu’elle retourne la détrousse dodue
de ses solides trésors d’enfant
tressés sur les mystères
d’un rire innocent.

Les arbres déroulent leurs arbres au flanc
d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie
et la pensée que l’on existe maintenant
la fleur le sein le fruit en leur juste poids
les mousses de la douceur sur le velours de l’appui ?

L’azur croît pour soutenir la lumière
des mains réciproques qui s’enroulent au hasard
saisonnier des moissons à venir.
Des greniers de la peau qui s’étonnent encore
de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires
et quelques boutons d’or. »

Si vous souhaitez en savoir plus sur « L’Époque 2018 » de Barbara Auzou et Niala, qui est vendu au prix de 20 €, rendez-vous sur le site de l’éditeur : http://traversees.wordpress.com/a-propos/

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L’EPOQUE 2020/5: LE POUVOIR DE L’OISEAU

L’EPOQUE 2020/5: LE POUVOIR DE L’OISEAU

Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : LE POUVOIR DE L’OISEAU  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

 

 

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L’EPOQUE 2020/5

Le Pouvoir de l(Oiseau

Niala

Acrylique s/toile 61×50

 

Dehors a les yeux tristes mon Amour

Il est étourdi par la nostalgie de tout

Et vit comme un agneau égorgé

Et pour que tu existes

Comme un dernier soleil sur ma bouche

Je t’ai habillée de branches de cerisier

Et de feuillages

J’ai convoqué l’oiseau  lui seul sait

Les rituels du passage  l’escalier

Qui mène aux prunelles de l’éternité

Il sait tes tramways  tes colonnes brisées

Et la plaie de tes mains que les plafonds rongent

Il y a des femmes qu’on veut dénuder de leur peau

D’autres avec lesquelles on bâtit des maisons

De pierres autrement charnues que des songes

Et je n’ai d’horizon que ce silence accru

Quand tu t’assois dans ta vie

Et dans mon regard comme un cheval sauvage

Barbara Auzou