« Le lé »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X22

NIALA

« Le lé »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X22

De l’enfant que l’appel a outillé au vieillard à la main-gauche toujours verte

la veine d’un canal creusée du bec

a mis l’oeuf d’oiseau au monde, foin d’un Pâques

L’île était proche

Moêze-Oléron, Front-Populaire, Congés-Payés avant d’aller en guerre de 39 à 45 apprendre à être un homme sur le lé par le sel à travers ses marais

Paris pour temple au rendez-vous des Grands-Hommes

Grindel en étang d’art et Georges Rouault pour Maître

Passé les tourments des Colonies Françaises, leurs privilèges et esclavagismes extrêmes orientaux-africains-magrhebains forcer l’écluse à gagner l’estuaire

par les échelles de Jacob et à poissons trois fils volatilisés dans l’indigence humaine

C’est loin Compostelle ?

Plus loin que le Roman en Saintonge

l’ambre des vignes et les méandres de la Charente

sans que ça coupe l’Ibère des jambes et les quat’coins du monde ouvert

avant que le feu passe le fleuve que de maisons j’aurai construit en villages et en ponts,

d’anémones mises à flot, chantier naval pour herminette, levier du soleil, fil à plomb de lune

sans faillir à l’amour végétal dans ses genres, nichons pleins, tripes au ventre et teinte du poil…

Niala-Loisobleu.

21 Juillet 2022

« L’ETREINTE BLEUE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

« L’ETREINTE BLEUE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

FACILE EST BIEN PAR PAUL ELUARD

Facile est beau sous tes paupières
Comme l’assemblée du plaisir
Danse et la suite

J’ai dit la fièvre

Le meilleur argument du feu
Que tu sois pâle et lumineuse

Mille attitudes profitables

Mille étreintes défaites

Répétées vont s’efïaçant

Tu t’obscurcis tu te dévoiles

Un masque tu l’apprivoises

Il te ressemble vivement

Et tu n’en parais que mieux nue

Nue dans l’ombre et nue éblouie
Comme un ciel frissonnant d’éclairs
Tu te livres à toi-même
Pour te livrer aux autres.

Nous avons fait la nuit je tiens ta main je veille

Je te soutiens de toutes mes forces

Je grave sur un roc l’étoile de tes forces

Sillons profonds où la bonté de ton corps germera

Je me répète ta voix cachée ta voix publique

Je ris encore de l’orgueilleuse

Que tu traites comme une mendiante

Des fous que tu respectes des simples où tu te baignes

Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec

la tienne avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi semblable à tout ce

que j’aime
Qui est toujours nouveau.

Paul Eluard