L’EPOQUE 2020/49 – « Le Latent Levé »

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L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

Barbara Auzou

EDITIONS TRAVERSEES

Éditions Traversées.

AuteurPar lievennPublié dans Chronique de Patrice MaltaverneChroniques

Chronique de Patrice Maltaverne

Barbara Auzou et Niala« L’Époque 2018 », Éditions Traversées.

Publié par les Éditions Traversées, « L’Époque 2018 » (sous-titré Les Mots Peints), de Barbara Auzou et Niala (alias Alain Denefle), comprend une suite de trois cycles, intitulés « L’Époque 2018 », « Autan Occitan » et « Notre Jardin bleu ».

Il m’arrive très rarement de lire des recueils de poésie dans lesquels illustrations et poèmes soient aussi inséparables. Je veux dire par là que pour se pénétrer de l’ambiance des textes publiés ici, il faut déjà observer attentivement les illustrations avant d’aller lire les poèmes correspondants.

Le poème n’est d’ailleurs pas le décalque fidèle de l’illustration (acryliques sur toiles ou contrecollés). Cependant, il est la traduction fidèle de son univers.

Le monde de « L’Époque 2018 » peut être qualifié d’onirique, de consubstantiel à la nature (couleur verte dominante), de sensuel (représentation de nombreux nus féminins), voire de mystique (élévation des personnages et des choses).

Dans « Autant occitan » et « Notre jardin bleu », les représentations sont moins humaines, tandis que le soleil et l’eau se mélangent davantage à la nature.

Il résulte de ces univers peints des poèmes visuels résolument lyriques, aux images volontiers baroques, mais qui ne sont pas dépourvus de mouvements, ce qui donne à ces textes leur puissance, et une respiration ample.

Le résultat est un recueil ambitieux qui a su retenir mon attention de lecteur, car, mine de rien, il s’y passe plein de choses.


Extrait de « L’Époque 2018 », de Barbara Auzou, « Notre jardin         bleu 1 » :


« Au bout de la route franche

qu’on ne foule que de l’âme

sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste

se trouve un jardin bleu dont la hanche

tremble comme une mariée aux pieds nus

et qui s’émeut de la caresse

d’écume à ses cheveux et de la rondeur

de ses larmes quand le gant de lierre

qu’elle retourne la détrousse dodue

de ses solides trésors d’enfant

tressés sur les 

d’un rire innocent.


Les arbres déroulent leurs arbres au flanc

d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie

et la pensée que l’on existe maintenant

la fleur le sein le fruit en leur juste poids

les mousses de la douceur sur le velours de l’appui ?


L’azur croît pour soutenir la lumière

des mains réciproques qui s’enroulent au hasard

saisonnier des moissons à venir.

Des greniers de la peau qui s’étonnent encore

de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires

et quelques boutons d’or. »


Si vous souhaitez en savoir plus sur « L’Époque 2018 » de Barbara Auzou et Niala, qui est vendu au prix de 20 €, rendez-vous sur le site de l’éditeur : 

©Patrice Maltaverne

L’EPOQUE 2020/48 – « LE MARIN-JARDINIER »

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOY : LE MARIN-JARDINIER  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2020/48 « LE MARIN-JARDINIER » Niala Acrylique s/toile 61×50

Il n’y aura plus de temps

Je ceins les hanches de la plus haute clairvoyance

Et les printemps tournent leurs rires autour des salières

Celui qui nage tient l’étendue toute entière

Embrassée et va passeur de pollens et de lumières

Dans les blés mûrissants lever des aigrettes de clarté

Toi qui toujours me demandais si nous étions encore loin de la mer

Tu vas vers ton secret entre la force et le flot

Tu n’as pour seule pensée que le bruit de l’eau

Ton audace est une fleur insoumise et sans calcul

Qui manie sa pale jusqu’à l’élégance empennée du corail

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/47 -« AUTOMNALE 4 »

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-septième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : AUTOMNALE 4  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

Automnale 4 – L’EPOQUE 2020/47 – Niala

L’EPOQUE 2020/47 -« AUTOMNALE 4 »

Je te couronne d’un arbre allumé au mitan de ton destin

Et tes pensées crêtées de roux ont des flambeaux pour parfum

De tête des feux incandescents pour  chemins

Ressuscitant de lui-même le caramel de l’instant fond

Dans un heurt de lumière bouclée derrière tes fenêtres

Ta présence têtue sur toutes les brèches n’a pas de fin

Tu désarmes le cuivre des saisons

 Tu pousses les globes des moissons

Terrestres dans une scandaleuse discrétion

Qui n’a d’égale que la brûlure

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/46: AUTOMNALE 3

L’EPOQUE 2020/46: AUTOMNALE 3

Après lesÉpoques 2018 et2019, voici le quarante-sixième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : AUTOMNALE 3  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

L’EPOQUE 2020/46 – ″Automnale 3″ – Niala – Acrylique s/toile 20×20

Un enfant erre dans son sourire

Comme on ordonne un univers

Insensé et c’est l’appel d’un fauve qui voudrait

Mordre à pleines dents l’orange frisson

Laissé par un sillage de lumière

C’est l’espoir retrouvé qui s’élance dans ses ors

Pour bercer l’automne de ce qui demeure inconsolable

Les mots prennent un goût de feux de grange

La couleur recommencée encore dans un ciel instable

Se souvient que c’est elle qui brûle les éclisses du cœur

Et tangente l’enclos

Barbara Auzou.