« MUSIQUE DE CHAMBRE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 50X50

« MUSIQUE DE CHAMBRE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 50X50

L’oreiller d’odeur du travers sein ne se froisse pas avec sa lumière

au crépon en suspension de la fleur simple

l’anémone m’accompagne

aux confins de la porte

où le bout du couloir débouche sans se condamner

Ces raides heurs du dos ont tout du messager de l’autre rive où attend le nautonier

que je sens si près des Portes St-Jacques

l’abri sûr

à l’heure du raisin le jus s’assemble en chauffant l’acidité de la lime au creux de la paume

mais avant en corps

aller embrasser le nez de l’hexagone

la rue de Siam de mon père Jacques

Barbara

dans la gouaille venue de mon Paname pour la mise en Seine

en surface

ces histoires de sous-marins laissées à leurs naufrages

me faisant du bien en me foutant du mal inguérissable de ce petit-monde laid

assis à la table du beau

du soleil dans la pluie du bleu.

Niala-Loisobleu

19 Septembre 2021

« NYMPHE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON – ENCADRE SOUS6VERRE 30X40

« NYMPHE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 30×40

Du silence des feuilles tombant des arbres

l’oiseau porte l’eau à la clairière de son dessin

intime coussin d’un nuage assis au bistrot du coin

du papier en terrasse à l’encrier des mots-peints

Rémouleur à la barre

le feu s’aiguise au seoir d’un été difficile à trouver

Pendant qu’il pleuvait sur la Chaume le merle a goûté au raisin

le coup de chauffe ranimera le serpentin

l’alambic d’où je peins tire le bois à la forge

vers l’intime assemblage à tirer de son tannin

la main de la nymphe en caressant les fleurs désembue les vitres à dessein.

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2021

« LA CHAMBRE CLAIRE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE SOUS-VERRE 40X50

« LA CHAMBRE CLAIRE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

LETTRE DU VINGT-SIX JUIN

Que les oiseaux vous parlent désormais de notre vie.

Un homme en ferait trop d’histoires

et vous ne verriez plus à travers ses paroles

qu’une chambre de voyageur, une fenêtre

où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie…

La nuit se fait.
Vous entendez les voix sous les tilleuls : la voix humaine brille comme au-dessus de la terre
Antarès qui est tantôt rouge et tantôt vert.

N’écoutez plus le bruit de nos soucis,

ne pensez plus à ce qui nous arrive,

oubliez même notre nom. Écoutez-nous parler

avec la voix du jour, et laissez seulement

briller le jour.
Quand nous serons défaits de toute

crainte, quand la mort ne sera pour nous que transparence, quand elle sera claire comme l’air des nuits d’été

et quand nous volerons portés par la légèreté à travers tous ces illusoires murs que le vent pousse, vous n’entendrez plus que le bruit de la rivière qui coule
derrière la forêt; et vous ne verrez plus qu’étinceler des yeux de nuit…

Lorsque nous parlerons avec la voix du rossignol…

Philippe Jaccottet

Mouillés de ces alluvions animales

nous voici à fendre la mer morte

la remettant à flot à la verticale des tiges

zénith en proue

Niala-Loisobleu

2 Septembre 2021

« ATELIER BLEU »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE S/VERRE 40X50

« ATELIER BLEU »

NIALA 2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

Dans l’été qui se débine on entend déjà la cloche dans l’escalier

adieu galoches des sables chauds

bonjour cavalcades de l’informe présent

Pour le moral

te laisse

du coin de pinède et de son sel

la seule fenêtre

qui soit sans masque et sans passe

Du sucre d’iode

coquille ouverte

oiseau bleu

sur pont de bateau de papier

pour traverser à deux en solitaire

Bonne rentrée Ma !

Niala-Loisobleu

30 Août 2021

« L’ETREINTE BLEUE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

« L’ETREINTE BLEUE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

FACILE EST BIEN PAR PAUL ELUARD

Facile est beau sous tes paupières
Comme l’assemblée du plaisir
Danse et la suite

J’ai dit la fièvre

Le meilleur argument du feu
Que tu sois pâle et lumineuse

Mille attitudes profitables

Mille étreintes défaites

Répétées vont s’efïaçant

Tu t’obscurcis tu te dévoiles

Un masque tu l’apprivoises

Il te ressemble vivement

Et tu n’en parais que mieux nue

Nue dans l’ombre et nue éblouie
Comme un ciel frissonnant d’éclairs
Tu te livres à toi-même
Pour te livrer aux autres.

Nous avons fait la nuit je tiens ta main je veille

Je te soutiens de toutes mes forces

Je grave sur un roc l’étoile de tes forces

Sillons profonds où la bonté de ton corps germera

Je me répète ta voix cachée ta voix publique

Je ris encore de l’orgueilleuse

Que tu traites comme une mendiante

Des fous que tu respectes des simples où tu te baignes

Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec

la tienne avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi semblable à tout ce

que j’aime
Qui est toujours nouveau.

Paul Eluard