L’EPOQUE 2021/1 – « Une île au ponant »

Voici le tout premier de la nouvelle EPOQUE 2021 en collaboration avec BARBARA AUZOU : Une île au ponant . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2021/1″Une île au ponant »
Niala
Acrylique s/toile 60×60


Faudra t-il que le jour se résigne

sur ses lambeaux de clartés

ombilical l’air ose à peine trembler

sans nous laisser ses escales de loisir

la liberté louée pour les graines d’un champ

l’effort de l’oxygène dans le sang pour le plaisir

nous le savons il n’y a pas de clémence

le noir chafouin descend dans sa nuit

il faut faire naître en silence l’enfant qui le précède

conduis-moi loin du coeur mauve des gloires

loin du ventre des vasières qui soupire

que cède l’épreuve de la vie devant la preuve du poème

ses cris brefs et roses de nouveau-né

qui ouvre ses oreilles dans la fureur

avant de saisir inexprimé le bonheur

des choses et des lendemains de soleil

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/51 – « DU BLEU RETOUR »

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Après les Époques 2018 et 2019, voici le cinquante et unième de cette nouvelle Époque 2020 avec BARBARA AUZOU : DU BLEU RETOUR  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2020/51″Du Bleu Retour »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

L’EPOQUE 2020/51 – « DU BLEU RETOUR »

bleu non-essentiel disaient-ils

ceux qui s’occupaient à noircir l’aurore

et bien le bonjour selon la coutume

j’ai mal à nos yeux 

décembre emplit le ciel de ses lianes d’indifférence

de larmes d’onglées et d’infortune

en attendant d’être au complet sur un sursaut de lune

dis-moi l’amble de l’amour encore

et le cycle renouvelé du cheval

dis-moi qu’il recommence joyeux indéfiniment

et qu’à chaque pas poussé plus avant

il devient simplement notre démarche

le fossé à franchir en plein coeur de la vie

l’écurie humaine nettoyée de son propre scandale

la laine pour la robe de celui qui la rêve

dans sa maison qu’il arrache à un coin tricoté d’éternel

Barbara Auzou.

L’EPOQUE 2020/50 – « Automnale 5 « 

Après les Époques 2018 et 2019, voici le quarante-huitième de cette nouvelle Époque 2020 avec Barbara Auzou : AUTOMNALE 5  . Merci de considérer que le poème est indissociable du tableau et vice-versa…

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L’EPOQUE 2020/50 – « Automnale 5 » – Niala – Acrylique s/toile 60×60

L’EPOQUE 2020/50 – « AUTOMNALE 5 »

Ce monde que nous vivons

ce monde où toute forme refuse sa création

avec le cri aux yeux et la fourrure sur rien

dis-moi à quelle distance s’en enfuir par quel chemin 

troussé d’une grosse conscience ronde

au moins un fou sait cela qu’il n’est plus rien

que la couleur qui fleurit un matin

comme un passeport qui n’a de nom humain

que ce qui se casse les doigts à chaque jointure

et à chaque page d’oiseau j’entends

bruire un corps de mémoire d’automnes mâtinés

de veilles de sang de fruits incandescents

mémoire encore de l’amour qui attend

à genoux sa voix d’agrumes contre la quille

refuser ce qui brille pour le seul bruit mat

d’un fruit qui tombe enfermé encore dans sa coquille

avant de libérer son tout

Barbara Auzou.

LA LUMIERE ETEINTE

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LA LUMIERE ETEINTE

Un matin de sureau

Elle est restée dans ce champ

Qu’a-t-elle laissé d’elle en s’en allant

Tout ce que j’ai voulu

Et d’abord une armure choisie dans les décombres

De la plus ciselée des aubes

Une armure sous un arbre

Un bel arbre

Ses branches sont des ruisseaux

Sous les feuilles

Ils boivent aux sources du soleil

Leurs poissons chantent comme des perles

Un bel arbre les jours d’ennui

Est un appareil visionnaire

Comme un autre

Par cet arbre de tous les jours

Je suis le maître de mes quatre volontés

Puis une femme au col de roses rouges

De roses rouges qu’on ouvre comme des coquillages

Qu’on brise comme des œufs

Qu’on brûle comme de l’alcool

Toujours sous l’arbre

Comme un aimant irrésistible

Désespérant

La flamme traquée par la sève

Tantôt fragile tantôt puissante

Ma bienfaitrice de talent

Et son délire

Et son amour à mes pieds

Et les nacelles de ses yeux dont je ne tomberai pas

Ma bienfaitrice souriante

Belle limpide sous sa cuirasse

Ignorante du fer de l’arbre et des roses rouges

Moulant tous mes désirs

Elle rêve

De qui rêve-t-elle

De moi

Dans les draps de ses yeux qui rêve

Moi

Ses mains sont vives

De vraies mains de sarcleuse

Tissées d’épées

Rompues à force d’indiquer l’heure matinale sempiternelle atroce du travail

Des mains à tenir amoureusement un bouquet de roses rouges sans épines

Et ce galop de buffles

Mes quatre volontés

Cette femme au soleil

Cette forêt qui éclate

Ce front qui se déride

Cette apparition au corsage brodé d’épaves

De mille épaves sur des vagues de poussière

De mille oiseaux muets dans la nuit d’un arbre

Il ferait beau penser à d’autres fêtes

Même les parades déshabillées défigurées ensanglantées par des grimaces de masques atteignent malgré tout à une sérénité condamnable

Et quel passant hors jeu juste au carrefour d’un sourire de politesse ne s’arrêterait pas pour saluer d’un éclair de la main le ventre impoli du printemps

Un panier de linge à la volée se calme tendrement
Sa blanche corolle s’incline vers ses genoux brisés
Aucune roture de couleur n’a barre sur lui

Et par la déchirure d’une dentelle

Il disparaît

Sur une route de chair

Boire

Un grand bol de sommeil noir

Jusqu’à la dernière goutte.

Paul Eluard

MA LUMIERE ETEINTE

Tombé de cintres inattendus

le grand voile fait rideau

La parade est assassinée

le cheval doit rentrer à la ménagerie

et l’oiseau à la cage

Fermeture pour confinement

je ne peins pas pour le lucre

mais meurs d’absence de moyens

Pour le souffle j’ai chargé l’Atelier du meilleur à sa fenêtre

« AUTAN-OCCITAN »

mon feu cathare

la maison qui voulait que tout commence.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2020

AUTAN OCCITAN 1

La raison du chemin

Est une main de terre

Tendue sans réserve

Sur le théâtre pourpre

D’une maison en territoire choisi.

Elle abrite ce qu’on ne retient pas

Aux draps du quotidien blême

Et la narration de l’autre

Epouse la venteuse géographie

De silencieux et lointains jardins

Où poussent des images de chair

A s’endormir dans le repli de son bras.

Le genou se balance à l’anse de la pierre et de la peine

Et convoque obstinément la mer

Comme une clarté salutaire

Que l’on remue en se parlant tout bas.

Barbara Auzou

P1050680

Autan Occitan 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 46×38 –

Prix-Atelier : 450,00 € (Encadré)

L’EPOQUE 2020/49 – « Le Latent Levé »

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L’EPOQUE 2020/ 49: LE LATENT LEVÉ / Niala / acrylique s/toile 73×60

Rien ne me fera blesser

Cette vie qui dépasse partout la pensée

Et ta main preste comme une leçon de choses

Est un feu fascinant qu secoue son vertige

Au-dessus de ses prairies natales

Des chênes bronzés braconnent

Ce peu de saison attardée

Pour dresser sur sa tige un dernier bouquet d’oriflammes

La terre fidèle à sa vocation allège la nuit de sa course

Roux est l’attelage du songe et de la femme

Il tend au matin ses fruits tendres où vont les bouches gourmandes

Et dans la taupe automnale du sang

Le printemps s’enfonce très loin

Et pour longtemps

Barbara Auzou