NOTRE JARDIN BLEU 2

NOTRE JARDIN BLEU 2

Que peut-on pour le monde

sinon nous promettre d’arracher

ce que l’on est à son fantôme froid

et notre cheval clairvoyant est rentré

à l’écurie peiné , boitant, mais droit

par la porte à deux battants

ouverte sur sur ce grand tout aux cendres retombées

sur le végétal à jamais innocent.

Nous resterons silencieux à soutenir notre effacement

par les yeux

par la peau

par ce peu de mots clairs

arrachés à la mâchoire immonde

et la main se souvient et dessine

la saison des corps sous le feu nomade

qui se balance à l’amble de l’abri sédentaire.

Les coqs déboutés de leur faconde et de leur fortune

saluent maintenant comme des métronomes

nos nuits de plumes couchées sur papier de verre.

Notre jardin bleu est un oeuf de lune

dont nous habitons le jaune.

Barbara Auzou

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Notre Jardin Bleu 2 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

NOTRE JARDIN BLEU 1

NOTRE JARDIN BLEU 1

 

Au bout de la route franche

qu’on ne foule que de l’âme

sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste

se trouve un jardin bleu dont la hanche

tremble comme une mariée aux pieds nus

et qui s’émeut de la caresse

d’écume à ses cheveux et de la rondeur

de ses larmes quand le gant de lierre

qu’elle retourne la détrousse dodue

de ses solides trésors d’enfant

tressés sur les mystères

d’un rire innocent.

Les arbres déroulent leurs feuilles au flanc

d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie

et la pensée que l’on existe maintenant

la fleur le sein le fruit en leur juste poids

les mousses de la douceur sur le velours de l’appui?

L’azur croît pour soutenir la lumière

des mains réciproques qui s’enroulent au hasard

saisonnier des moissons à venir.

Des greniers de la peau qui s’étonnent encore

de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires

et quelques boutons d’or.

Barbara Auzou

 

 

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Notre jardin bleu 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×46

 

LA MAISON QUI S’APPRÊTE

LA MAISON QUI S’APPRÊTE

C’est un chantier silencieux et louable

qui se bâtit en coulisse

et dans la régulière scansion

de la maison qui s’apprête,

bât le pouls en excès raisonnable

et sans malice

sur des viscères au diapason

et au secret de ce qui se projette.

Vecteurs de ventres vierges

à contrer les errances revenues

de leurs prisons successives,

les corps ploient comme des arbres ivres

de soleil aux artères traversées d’expérience.

Au bout de la route effacée

reverdit le terrain de l’enfance

regagné pas à pas sur l’ignorance

à qui l’on a donné un nom.

Et on reste là à écouter

le rouge battement

d’une terre qui donne raison.

Barbara Auzou

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La Maison Qui S’apprête – Niala  –  2018 – Acrylique s/ toile. 61×46

NOUVELLE-LUNE

NOUVELLE-LUNE

Le soir prépare l’herbe tendre du matin

Comme une terre d’asile transitoire

Où les couleurs s’éprouvent aux mains

Et au langage de l’arbre familier

Qui réclame un nouveau départ

À la feuille obstinée portée en collier.

 

C’est le chant fragile d’entre-deux nuits,

La crête rouge incendiée

Sur la scie sensible de l’initiation

Et déjà l’enveloppe quotidienne du corps

Se plie au troublant exercice de la disparition

Au souffle bleu d’une surface lavée

À bâtir partout son territoire

Contre la terre mouvante des hâtives fondations

Contre l’orgueil émacié de la lune et ses marées.

 

Les fleurs fugitives ont empoigné un pan du ciel

Et ne connaissent ni le regret

Ni la crainte sèche des lendemains.

Elles peignent du champ des possibles le robuste crin.

 

Les sabots de la traversée martèlent

Notre histoire et trouvent refuge dans le bouquet.

 

Barbara Auzou

P1050710 - Copie

Nouvelle-Lune – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54

AUTAN OCCITAN (Vidéo)

AUTAN OCCITAN (Vidéo)

 

La mer malmenée par des écraseurs caniculaires a ramé pour grimper la montagne dans un refuge d’ubac. Il faut tenir le sel vivant. Trop de rapaces mécaniques, robots aux yeux bridés qui limitent le champ visuel sont en vente libre. Pour respirer la mélopée marine, Barbara, a mis l’image en musique. Un chant catalan au tempo du vent d’autan, ne pouvait qu’hâler à merveille.

Les poèmes viennent enlacer les couleurs de Corbières, à travers monts, pierres, vignes et gorges au filet d’une voix d’ô…c’est hautement complémentaire . Un bien beau travail ma Barbara, merci…

Niala-Loisobleu – 12 Août 2018