CARTES SUR TABLE

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CARTES SUR TABLE

 

Et toi,

Dans l’herbe tendre de ton regard

Rompu à la cadence

Savais-tu que les femmes dansent

Non pour les loups mais pour elles-mêmes

Ravivant le souffle de leurs sœurs

A la harpe de leurs corps tendus de silence ?

Quand le blé est frappé par la rouille

Elles réparent la faute de la fée enfuie

Un lendemain d’amour piqué à la quenouille

D’un nouveau jardin qui l’attendait sous la pluie.

Elles empruntent alors des rues traversières

Qui te demeurent à jamais inconnues

Et dans l’humus de leur histoire,

Il fait parfois tellement noir

Que les instincts endommagés

Aux grandes nuits et à la ronde

Se sont tus.

Toutes les femmes savent cela :

L’impérieux besoin de rentrer chez elles

Et de se baigner dans leurs eaux ;

Et de l’ombre et de la lumière l’âpre combat,

Et la permanence du sang sur la clef perdue

Au fond d’un champ.

Il fallait jouer cartes sur table et en valse lente

Pour que l’énigme reste l’énigme

Qui déçoit son horizon d’attente.

Et l’orange maintenant peut devenir bleue

Rien ne ment au bourgeon d’un deux

Qui fleurit à l’épaule d’une tierce présence.

Alors elles tournent et célèbrent leur formidable entente

Aux roseaux des doigts que rien ne semble plier

Sinon à la fin de la danse

Cet orgueil démesuré

A demeurer aux yeux du peintre :

L’ineffacée.

Barbara Auzou

P1050587 - Copie

CARTES SUR TABLE

2018 – NIALA

Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 60×80

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